• Comment la RATP mesure la pollution dans le métro

    C’est une banale porte en tôle, située sur le quai de la ligne 1 du métro à Franklin Roosevelt. Derrière est abritée l’une des trois stations de mesure de la qualité de l’air de la RATP. Un TEOM - une sorte de lampadaire - y analyse la teneur en particules de l’air ambiant et les transmet en temps réel à l’ordinateur. Près de lui, deux autres machines enregistrent le taux de dioxyde d’azote, l’humidité, la température ou encore le C02 (dioxyde de carbone).

    Ces données seront accessibles en tant réel, dès ce jeudi soir. Tout comme celles des deux autres stations équipées du même matériel, à Châtelet (ligne 4) et Auber (RER A).

    « On nous questionne beaucoup sur la qualité de l’air dans le métro, explique Sophie Mazoué, responsable développement durable de la RATP. Nous faisons beaucoup de choses et nous voulions le faire savoir. C’est pourquoi nous ouvrons nos données en temps réel au public. »

    Les mesures de qualité de l’air existent en effet depuis longtemps dans le métro. « Au début du siècle, on mesurait la teneur en ammoniac... présent en quantité dans le fumier de cheval », sourit la spécialiste.

    Après les chevaux, dans les années 80, la technologie permet de mesurer les teneurs en particules fines, les fameuses PM10 et PM2,5, qui pénètrent dans le système respiratoire plus ou moins profondément en fonction de leur taille. Et qui sont la principale source de pollution en souterrain.

    Certaines études ont estimé que le niveau de particules dans le métro pouvait être jusque dix fois supérieur à celui de l’air extérieur. La Fédération des transports (CFDT) avait d’ailleurs alerté sur le sujet en septembre dernier, s’inquiétant pour la santé de ceux qui y travaillent.

    Une qualité de l’air mitigée dans le métro

    Ce mardi 10 avril dans l’après-midi par exemple, on a pu observer que le taux s’élevait à 66 µg/m3 (microgrammes par mètre cube d’air) de particules PM10 sur le quai de Franklin Roosevelt. Il affichait au même moment tout juste 15 µg/m3, à l’extérieur. Soit un écart de 1 à 4 !

    « Mais ici, il s’agit de plus grosses particules que celles qui composent l’air extérieur. Et donc moins dangeureuses pour la santé », affirme Sophie Mazoué. Ce que confirme Airparif, au moins en partie. L’association qualifie la qualité de l’air du métro comme « mitigée ». Par rapport à l’extérieur, elle note l’absence de certains polluants tels que le dioxyde d’azote qui trouve son origine dans le trafic routier. « Quant aux particules, s’il est vrai que ce sont plutôt de grosses particules, leur niveau reste important. Il faut donc agir », explique détaille Charlotte Songeur, ingénieure chez Airparif.

    D’autant que ces niveaux relevés dans le métro sont régulièrement supérieurs au seuil maximum d’exposition aux particules PM10 fixé pour la population générale (50 µg/m3 et par jour) par le code de l’environnement.

    Ainsi, la RATP mène depuis 2004 des campagnes de renouvellement de ses ventilateurs (95 millions d’euros entre 2004 et 2015 et 45 millions d’euros pour 2016 - 2020). Installés avant tout pour extraire la fumée vers l’extérieur en cas d’incendie, ils permettent de renouveler l’air d’un tunnel d’un kilomètre en 8 minutes.

    Mais d’où viennent ces particules fines en si grand nombre ? La faute au freinage principalement qui génère ces particules avec la friction entre le rail et la roue.

    Les nouveaux matériels roulants émettent environ 30 % de particules en moins, selon certaines estimations. Enfin, l’installation des portes palières - par exemple sur la ligne 4 - permet aussi de limiter le passage des particules sur les quais. « Ainsi, à Franklin-Roosevelt, la moyenne annuelle est passé de 100 µg/m3 en 2011 à 60 µg/m3 en 2017, grâce à l’automatisation de la ligne 1 (nouvelles rames, nouveau ventilateur, portes palières) », détaille la RATP. L’opérateur mise également sur le récent appel à projet de la région pour tester de nouveaux systèmes.

    Il y a quelques semaines, la région Ile-de-France a annoncé qu’elle débloquera 1 million d’euros pour financer des projets de dépollution de l’air intérieur dans les transports en commun.

    Suite à www.leparisien.fr

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